Entrepreneurs, souriez, vous êtes fliqués !

Auteur : Benoît LEGRU - Avocat
Publié le : 30/04/2020 30 avril avr. 04 2020

On ne compte plus les injonctions du gouvernement invitant les entrepreneurs à reprendre le travail en dépit des réticences du corps médical à ce sujet et de la contradiction des ordres et contre-ordres émanant du pouvoir : restez chez vous/allez travailler, respectez les règles de distanciation/empruntez des métros bondés, etc…
 
Ces injonctions résonnent telles des accusations d’abus, à peine dissimulées, du recours à la paresse.

Si le confinement est respecté par l’ensemble de nos concitoyens, il n’en est pas un, pas un travailleur, pas un entrepreneur qui ne manquerait à l’appel.

Tous les entrepreneurs de France ont démontré leur volonté, leur besoin essentiel de maintenir l’activité ou de reprendre les rênes de l’entreprise, un temps laissées longues, dans le but exclusif de la protection mutuelle de chaque membre du corps social.

Le suspens est maintenu, au moins jusqu’à la fin du mois de mai, pour les restaurateurs et cafetiers… La tenue d’un « comité interministériel du tourisme » en vue de préparer la reprise du secteur touristique a été programmée le 14 mai prochain…

Le corps médical et les personnels des établissements de santé quels qu’il soient, hôpitaux publics, cliniques privées, EHPAD, EPSM, nous ont montré, par leur abnégation personnelle et professionnelle, la voie qu’il convenait de suivre, celle du sacrifice personnel et collectif de l’un pour le tout.

En retour, de nombreuses entreprises et particuliers qui se sont mis à fabriquer les masques dont l’Etat avait volontairement omis de pourvoir son propre peuple, nous ont montré, par leur sens de l’initiative, que le peuple de France pouvait, avant toute chose, compter sur lui-même, mais aussi que la force et l’état d’une Nation ne se mesurent pas aux carences d’un gouvernement de passage, mais à la permanence de la générosité et de l’altruisme du peuple d’entrepreneurs et de travailleurs qui seul fait sa grandeur.

Sans vouloir paraphraser RENAN, la Nation française (un plébiscite de tous les jours) a, une fois encore, démontré sa résilience, en revenant d’aussi loin qu’il était possible de le faire et cette fois même, sans leader charismatique.

Le pouvoir en place a donc annoncé la date du 11 mai 2020 comme fin probable du confinement avec reprise des activités économiques jusque-là en berne à l’exception des cafés, restaurants etc…

L’incertitude est maximale puisque, une fois encore, l’exécutif bicéphale est incapable de donner une ligne directrice fiable, la mission de déconfiner le pays ayant été confiée à un énarque pur jus dont le déterminisme carriériste restera la seule unité de mesure commune à l’ensemble des politiques en responsabilité à l’exception de ceux, parlementaires, qui auront constitué des commissions d’enquête.

Ainsi, l’on envisage la réouverture des crèches, écoles, collèges et lycées, mais pas des universités.

Ainsi, l’on envisage la réouverture des cantines scolaires mais pas des restaurants…

Le Conseil National de l’Ordre des médecins a émis des avis contraires aux prises de décisions louvoyantes de l’exécutif lequel s’abrite derrière l’alibi d’un conseil scientifique d’opportunité, celui-là même qui, le 15 mars dernier, incitait nos compatriotes à participer au premier tour de scrutin des élections municipales pour ensuite contraindre au confinement le 17 après l’avoir annoncé, mais là encore à demi-mots, le 12 mars 2020.

Cette décision est désormais qualifiée de criminelle par certains membres du corps médical (l’on ne manquera pas, au demeurant, de s’interroger sur l’utilisation du RIVOTRIL dans les EHPAD dans des circonstances particulièrement troubles…).

Nombre d’élus, candidats, assesseurs, votants sont aujourd’hui atteints par la maladie épidémique contractée lors du scrutin, ce qui n’empêcha pas l’exécutif de clamer, dans une déclaration hallucinante de mépris et de cynisme que les gens avaient ce jour-là certainement davantage contracté le virus dans les bars plutôt que dans les bureaux de vote (riche idée du pouvoir que d’avoir imaginé, une première mondiale, l’isoloir sans rideaux… et pourquoi pas le scrutin à mains levées, alors qu’il suffisait de différer le scrutin, comme l’avaient fait les britanniques avant nous, en repoussant de six mois la date des élections locales).

Ce qu’il convient d’appeler la polémique sur les masques a achevé de révéler le mépris des gouvernants envers les gouvernés ainsi que, comme l’a décelé le journal MEDIAPART dans une récente enquête commentée par Monsieur Edwy PLENEL, l’infantilisation des populations, par un pouvoir exclusivement vertical, comme moyen de les diriger dès lors que l’adhésion de celles-ci n’était plus garantie, la gouvernementalité conceptualisée par Michel FOUCAULT dans ses travaux faisant désormais nettement défaut.

(Le port du masque n’était pas utile selon les propos du porte-parole du gouvernement. Si désormais leur utilité est reconnue par un pouvoir que le scrupule n’étouffe pas, leur utilisation ne devrait toutefois être rendue obligatoire que dans le cadre des transports en commun…)

Le Roi est nu. C’est le moment pour lui de renforcer le recours à la doctrine de MACHIAVEL…

C’est ainsi que, reprenant le travail, nos entrepreneurs sont traqués, pistés, fliqués désormais par l’Inspection du Travail.

Le processus d’infantilisation revêt un cadre réglementaire habituel.

Bien entendu, poursuites pénales et sanctions sont présentes à la clé.

Par deux instructions des 17 et 30 mars 2020 complétées le 1er avril 2020, la DGT a précisé les priorités et les modalités d’intervention des services de contrôle de l’inspection du travail comme conséquence de l’épidémie de SARS-Cov-2.

Une quarantaine de mises en demeure ont déjà été notifiées depuis le début de l’état d’urgence sanitaire pour enjoindre les employeurs à mettre en œuvre les prescriptions sanitaires et mesures de prévention.

Des procès-verbaux ont été établis par les agents de l’administration du travail et transmis aux Parquets, des poursuites pénales pourraient être engagées.

Des procédures ont même été engagées devant des formations de référé, comme si l’institution judiciaire, déjà engluée dans le marasme sanitaire, manquant elle aussi de moyens à l’image d’une certaine administration hospitalière, n’avait rien de mieux à faire que de concourir à un flicage répressif dont la cause seule tient, successivement, dans la désinformation et le défaut cruel et viscéral de communication utile des gouvernants. (Pendant ce temps, l’employé de base dont les salaires n’étaient pas payés n’a pu saisir, même en référé, les prud’hommes fermés sur recommandation gouvernementale).

Un entrepreneur avisé en vaut deux.

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Trop d’entrepreneurs sont encore seuls, sans conseils juridiques autres que ceux prodigués par leurs experts comptables mais dont la vacuité ne leur permet guère de faire face.

Entrepreneurs de France, prenez conseil !

L’administration du travail organise désormais des déplacements dans le cadre d’opérations ciblées dans les commerces de détail alimentaires et les établissements accueillant du public ou sur les chantiers.

Bien entendu, les agents de l’administration du travail sont accompagnés de la force publique ainsi que des services de la répression des fraudes…

Appliquant le principe qui veut que la meilleure défense soit l’attaque, le gouvernement retourne la situation en s’érigeant en chantre de la prévention, du protocole sanitaire, en donneur de leçons en somme, en usant de la menace du bâton ainsi que de la sacrosainte présomption de fraude traditionnelle à l’endroit des entrepreneurs de France dont chacun connait le caractère de resquilleur atavique qu’ils affichent… (LOL)

Cela prêterait à sourire en effet si la situation n’était à ce point dramatique.

Cette résurgence archaïque de la contrainte publique dans l’entreprise à quelque chose d’insupportable dans les circonstances décrites.

Nos entrepreneurs ont démontré leur résolution héroïque, que le pouvoir les laisse œuvrer, ils ont notre confiance et sauront protéger leurs salariés comme leurs clients au même titre que chacun d’entre nous a le devoir, moral et non exclusivement juridique, de protéger son prochain.

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